Œuf cocotte coulant au boudin noir

par Darya

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Je sais que ça y ressemble terriblement, mais je ne vous ai pas abandonnés. Je suis juste désorganisée à l’extrême, et je profite de ma relative et probablement courte « liberté » pour faire des tas de choses que je n’aurai peut-être pas le temps de faire par la suite. Et le froid et la grisaille compliquent les séances photos de mes petits plats, alors je remets souvent au lendemain, au surlendemain, voire à la semaine suivante. Et le temps passe. Mais je suis encore là, et je reviens vers vous aujourd’hui avec un plat qui va certainement choquer plus d’un végé qui traîne par ici (j’ai remarqué qu’il y en avait un certain nombre). Végétariens, végétaliens soyez prévenus : il n’y a rien pour vous ici aujourd’hui ! Repassez un autre jour.

En effet, outre l’œuf, la crème, et le beurre, va y avoir du sang dans ce billet. Mais du sang chouchouté, saucissonné, aromatisé, épicé, assaisonné. Tiens, voilà du boudin, diront les connaisseurs. Du boudin noir. Ben oui, dans le blanc, il n’y a pas de sang. Le boudin, soit on l’adore, soit on le déteste. Longtemps, j’ai fait partie de la seconde catégorie de personnes. Et si on m’avait dit qu’un jour je mangerai, non, j’apprécierai, non, j’aimerai le boudin, j’aurais certainement fait une inélégante grimace. Mais tout cela a changé en 2014. Chaque année, j’apprends – je m’enseigne – à aimer un nouvel ingrédient. L’an dernier, c’était l’avocat, que j’ai même fait aimer au Grand et que nous apprécions désormais sous différentes formes et dans différentes recettes. Cette année, il y a eu plusieurs ingrédients ; d’abord il y a eu la mangue (comment ? tu n’aimais pas la mangue ! mais comment faisais-tu ?), c’est d’ailleurs très bon avec de l’avocat. Et puis, l’hiver dernier, il y a eu le boudin noir. Celui-là, je n’ai pas réussi à le faire manger au Grand, et je doute que ça change dans l’immédiat. Mais je ne lui en veux pas, et je le concède ; le boudin noir, c’est particulier, tant du point de vue du goût, que de la texture, que de l’aspect.

Mais voilà, j’ai la chance d’avoir un boucher extraordinaire à deux pas de chez moi (j’en ai déjà parlé à maintes reprises sur ces pages). Et un beau jour, j’ai décidé de goûter son boudin noir, en me disant qu’après tout, si ce monsieur avait réussi à me faire aimer les rillettes, le pâté, le saindoux, l’andouillette, et j’en passe, alors pourquoi pas le boudin noir ? Et voilà, j’ai franchi le cap, j’ai goûté, j’ai aimé. Je suis à présent une boudinophile assumée. Alors au lieu de profiter de l’absence du Grand pour faire une cure de jus de légumes, je me suis payé une petite tranche de boudin. Et pour lui rendre hommage (au boudin, pas au Grand), je l’ai préparé en cocotte, avec de l’œuf, de la crème, un peu de beurre et des oignons caramélisés. Un délice qui serait aussi seyant en entrée (un peu riche) qu’en déjeuner léger, accompagné d’une petite salade. Les autres boudinophiles de la blogosphère internationale apprécieront certainement ! Quant aux autres, je vous dis à bientôt, pour quelque chose de plus léger mais non moins savoureux.

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Ingrédients (pour 1 personne)

– 1 noisette de beurre + un peu pour le ramequin
– 1/4 à 1/2 gros oignon jaune, tranchés en fines demi-lunes
– 1/4 c. à café de miel

– Environ 40 gr. de boudin noir salé, peau ôtée et chair émiettée
– 3-4 c. à soupe de crème liquide
– 1 œuf, jaune et blanc séparés et intacts

– Poivre fraîchement moulu et éventuellement sel (le boudin étant salé, ce n’est peut-être pas nécessaire)
– Mouillettes de pain grillé

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Recette

– Préchauffer le four à 220°C. Placer au four un plat contenant un fond d’eau chaude. Beurrer légèrement un ramequin.

– Pendant que le four préchauffe, faire revenir à feu moyen-doux les oignons dans une noisette de beurre avec le miel. Lorsqu’ils ont réduit et caramélisé légèrement, ôter du feu. Placer les oignons caramélisés dans le ramequin. Ajouter une ou deux cuillers à soupe de crème et la moitié du boudin émietté. Ajouter le blanc d’œuf. Ajouter une à deux cuillers à soupe de crème et le restant du boudin. Poser délicatement le ramequin dans le plat contenant l’eau chaude. Le niveau de l’eau doit attendre plus ou moins les 2/3 de la hauteur du ramequin. Cuire au four pendant environ 10 minutes.

– Sortir le plat du four, ajouter délicatement le jaune d’œuf dans le ramequin en veillant à ce qu’il reste intact, et remettre le plat au four pour environ 2-3 minutes. Le jaune doit rester coulant. Sortir le plat du four, ôter délicatement le ramequin, l’essuyer, et le déposer sur une assiette. Servir, poivré, éventuellement salé, et accompagné de mouillettes de pain grillé. S’il s’agit d’un plat unique, servir avec une salade verte, légèrement assaisonnée.

Bon appétit !

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The English-speaking corner

Shirred eggs with a runny yolk and blood sausage

I know it looks like I’ve abandoned you, but I haven’t. I am just terribly disorganised, and have been taking advantage of my probably short period of relative « freedom » to do things I might not have time to do later. And the cold and grey weather make my food photo sessions complicated, so I often postpone them to the next day, or even the next week. And time flies by. But I have not abandoned you, and I am back today with a dish that might shock many a vegetarian out there (there seem to be quite a few vegetarians reading my blog). So, vegetarians, vegans, and squeamish readers, be warned: there is nothing for you here today! Come back some other time.

In today’s post, there will be egg, and cream, and butter, and blood. Blood that has been treated with utmost care, encased in a delicate sausage casing, and seasoned with all sorts of fragrant spices. Boudin noir, the connoisseurs will rightly say. Black sausage, blood sausage, black pudding, those are all the same. (And if it is black, it is because of the blood; boudin blanc contains no blood, so I find the designation « white blood sausage » – yes, I’ve seen it – a bit strange). Boudin noir, you either love it, or hate it. For a long time, I belonged to the second category of people. If you had told me a few years ago that I would eat, appreciate, and even love boudin, I would certainly have made an ugly face. But everything changed at the beginning of 2014. Every year, I learn – I teach myself – to like something new. Last year, it was avocado, which even P. likes now, and which we eat and enjoy in several different recipes. This year, there were several things. I taught myself to like mango (it is actually quite delicious with avocado, have you ever tried that combination in a guacamole?). Then there was boudin noir. I couldn’t get P. to like it, and I doubt that will change in a near future. But I don’t mind, and I even admit: boudin noir is a special thing, it tastes special, it looks special, and it feels special.

But I have already mentioned quite a few times that I live right next door to an extraordinary butcher. So one day, I decided I would taste his boudin noir. After all, he made me like rillettes, pâté, lard, andouillette, and many other things, so why not boudin noir? So I dared, and I liked it. I am now a convinced boudin lover. So when P. left for a few days, I could have gone on a green juice diet, but I chose to treat myself to a chunk of boudin noir instead. And the first thing I made was an œuf cocotte (which the Americans seem to call shirred eggs, and the British baked eggs), made with cream, a little butter, and caramelized onions. It is quite a perfect (yet rich) first course, but would also work as a light(ish) lunch, with a salad on the side. Are there any boudin lovers out there? You will love this recipe! As for the others, I’ll get back to you soon, with something lighter, but not less tasty.

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Ingredients (for one)

– A little knob of butter + a little for the ramekin
– 1/4 to 1/2 a large onion, sliced into thin half-moons
– 1/4 heaping tsp of honey

– A small chunk (40 gr/1.5 oz) boudin noir-black-pudding-blood-sausage, removed from its casing and « crumbled »
– 3-4 Tbsp heavy cream
– 1 egg, separated (make sure to keep the yolk intact)

– Lots of freshly ground black pepper, and maybe some salt (depending on how salty the pudding is)
– Bread « fingers » or soldiers (for an explanation of the French word mouillettes, see here)

 

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Recipe

– Preheat the oven at 220°C (425°F). Add a little warm water to a baking dish, and place it in the oven. Lightly butter a ramekin.

– While the oven is preheating, sauté the onions in a little butter along with the honey. When the onions have reduced and caramelized, remove from the heat. Place the cooked onions in the ramekin. Add one or two tablespoons of cream, and half the « crumbled » boudin. Add the egg white, and top with the remaining cream and boudin. Place the ramekin in the dish containing the hot water. The level of the water should rise to about the 2/3 of the height of the ramekin. Place the dish in the oven for about 10 minutes (maybe 9, but not more).

– Remove the dish from the oven, and delicately add the egg yolk, making sure not to break it. Place the dish back in the oven for 2-3 minutes. The yolk should still be runny. Remove the dish from the oven, then carefully remove the ramekin from the water, wipe it on a towel, and place on a plate. Serve with lots of pepper, eventually a little salt, and toasted bread soldiers. If serving as a main course, serve a lightly dressed salad on the side. Dunk the soldiers in the eggs, and make a mess (see the picture below).

Bon appétit !

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